Le chiffre de « +7 % » qui circule désigne le marché automobile français dans son ensemble, pas l’électrique. Selon les données de la PFA et d’AAA Data publiées le 1er novembre 2026, 149 345 voitures particulières neuves ont été immatriculées en octobre, soit 7,1 % de plus qu’en octobre 2025. Ce sont les voitures électriques qui tirent cette hausse : 61 958 unités, en progression de 81,7 % sur un an, soit 41 % des immatriculations contre 24 % douze mois plus tôt.
Un marché en hausse pour le sixième mois de suite, malgré un jour ouvré de moins
Octobre est le sixième mois consécutif de croissance du marché. La performance est obtenue avec 22 jours ouvrés, contre 23 en octobre 2025 : la hausse de 7,1 % se fait donc à calendrier défavorable, ce qui la renforce plutôt qu’elle ne la fragilise.
Sur les dix premiers mois de 2026, 1 384 293 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit +4,37 % à nombre de jours ouvrés identique. Le rythme du mois d’octobre est donc supérieur à celui du cumul annuel, où l’écart se creuse mois après mois à mesure que l’électrique prend du poids. Après le bond des immatriculations de septembre, le marché reste donc bien orienté.
L’électrique à 41 % des immatriculations, un niveau jamais atteint
Une progression de 81,7 % peut s’expliquer par une base de départ modeste ; la part de marché donne l’échelle réelle. Or elle est passée de 24 % en octobre 2025 à 41 % en octobre 2026, un niveau jamais atteint. Sur dix mois, l’électrique totalise 449 294 voitures, soit 32 % du marché, en hausse de 79 %.
La tendance ne vient pas seulement des flottes. Chez les particuliers, AAA Data recense 37 746 immatriculations de voitures électriques en octobre, ce qui représente 45 % de leurs achats de voitures neuves. Pour qui envisage d’acheter, cela veut dire que près d’un particulier sur deux qui prend une voiture neuve choisit désormais une électrique.
Côté modèles, la Renault Twingo arrive en tête avec 4 747 immatriculations, juste devant la Renault 5 (4 666). Renault reste la première marque avec 25 936 immatriculations (+4,2 %), devant Peugeot (18 420), qui recule de 2 % alors que le marché progresse : la hausse n’est pas uniforme d’une marque à l’autre.
Ce qui soutient cette dynamique : primes et leasing social
La croissance de l’électrique est continue depuis juillet 2025 et l’introduction de la prime « coup de pouce », financée par les Certificats d’économies d’énergie (CEE). Le lien de causalité est présenté par la presse spécialisée comme un moteur de la dynamique, sans qu’on puisse isoler chiffre à l’appui la part qui lui revient.
La troisième édition du leasing social, lancée en juillet, a aussi joué : Mobilians estime qu’elle a généré entre 8 000 et 10 500 immatriculations sur ce seul mois. Cette estimation porte sur juillet, pas sur octobre, et elle ne dit rien de ce qui se passerait sans ces dispositifs.
Dernier élément de contexte : la croissance de l’électrique en octobre, toujours très forte, est un peu moins spectaculaire que lors des trois mois précédents, où elle était à trois chiffres. Pour un projet d’achat, le signal à retenir est double : l’électrique pèse désormais lourd dans les ventes, mais une partie de cet élan repose sur des aides dont les conditions peuvent évoluer. Mieux vaut donc vérifier celles qui sont en vigueur au moment de commander. Le contexte énergétique joue lui aussi : la crise des carburants a pesé sur les arbitrages des acheteurs.