À Montigny-en-Arrouaise, village de 317 habitants, la recharge électrique est gratuite

Les habitants de ce village de l’Aisne rechargent leur voiture électrique gratuitement

Dans ce village de l’Aisne, les bornes publiques sont gratuites pour les habitants et les communes voisines depuis 2021. Le mécanisme est simple sur le papier : la commune autoconsomme l’électricité produite par ses panneaux solaires, qui alimentent environ 40 % des bornes, et paie le reste au réseau sur son budget. Les bornes ont coûté 120 000 €, dont 80 % pris en charge par l’État, selon les médias qui ont relancé le sujet en 2026 (Roole Media, La Gazette France, Echo FM, Franceinfo).

D’où vient l’électricité, et qui paie le reste

En 2021, la commune a choisi l’autoconsommation photovoltaïque. Environ 120 panneaux (chiffre approximatif) ont été posés sur des bâtiments publics : la mairie, la Poste, la salle des fêtes et l’ancienne école. Selon les sources, les bornes sont alimentées à 40 % par cette énergie solaire, et le surplus est offert aux habitants. Les sources n’expliquent pas tout à fait le même mécanisme ; le fonctionnement précis de l’injection ou de la revente du surplus n’est pas documenté.

Le solde vient du réseau classique. Quand le soleil manque, surtout l’hiver, la commune utilise l’électricité traditionnelle, et c’est le budget communal qui règle la facture. La gratuité vaut donc pour l’usager, pas pour la collectivité : c’est un choix budgétaire. Le montant de cette dépense hivernale n’est pas publié.

Côté équilibre économique, les bornes ont coûté 120 000 €, dont 80 % financés par l’État, soit 96 000 € d’aide et 24 000 € restant à la charge de la commune (calcul à partir des deux chiffres annoncés). Le périmètre exact de la dépense, bornes seules ou bornes et installation, n’est pas précisé. En face, la commune affirme avoir réduit sa facture d’électricité d’environ 3 000 € par an, un chiffre approximatif dont la période de référence n’est pas indiquée.

Se brancher sans carte ni application : les règles

Les bornes ne demandent ni abonnement, ni application, ni carte spécifique : on se branche. Les conducteurs s’organisent entre eux via un groupe Facebook.

L’usage est prioritaire pour les habitants et les communes voisines. Les non-résidents peuvent recharger une fois par semaine, selon les sources ; la manière dont cette limite est contrôlée n’est pas documentée. Un conducteur extérieur ne doit donc pas compter sur un usage régulier.

Le nombre de bornes varie selon les sources : trois pour La Gazette France et Franceinfo, les plus récentes, deux pour Roole Media. C’est le chiffre de trois qui est retenu ici. Ni la puissance de charge ni le type de connecteur ne figurent dans les informations disponibles : mieux vaut les vérifier auprès de la mairie avant un déplacement, d’autant que la disponibilité peut varier selon l’affluence.

Ce que le maire observe, et ce qui reste à voir

Le maire, Christophe Parent, en poste depuis 2014, met en avant l’évolution du parc local : « En cinq ans, on est passés de 2 à 25 voitures électriques dans le village. Je pense que la recharge gratuite a joué. » C’est son impression : aucun lien de causalité n’est démontré, et aucun chiffre de fréquentation n’a été communiqué.

Les limites sont celles du dispositif. L’hiver, la part solaire diminue et la commune supporte l’appoint du réseau. L’afflux aux bornes, qui ne se limite pas aux habitants, a conduit le maire à prévoir deux bornes supplémentaires avant la fin de l’année, sans date plus précise.

La transposabilité reste une question ouverte. Ce qui a joué ici : des bâtiments publics sur lesquels poser des panneaux et une subvention de l’État de 80 %. Une autre commune devrait comparer sa surface de toitures publiques, les aides mobilisables et la capacité de son budget à absorber l’appoint hivernal. Rien dans les sources ne permet d’affirmer que le modèle est rentable ailleurs.

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Jules Montclair décrypte l’automobile pour aider les conducteurs à comprendre les modèles, les technologies et leurs usages au quotidien. Formé à la géographie puis au journalisme, il suit particulièrement l’électrification, les aides à la conduite et les questions liées au choix d’une voiture. Il garde un faible pour les petites citadines ingénieuses et les modèles des années 1990 et 2000.