À Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne, on recharge sa voiture électrique gratuitement depuis 2021. Rien de neuf donc : ce sont les articles de presse qui reviennent en 2026, dont la référence de France Inter, datée du 28 octobre 2026. La gratuité est réelle pour l’usager, pas pour la commune. Le solaire n’alimente qu’environ 40 % des bornes, et le reste est acheté au réseau sur le budget communal. Le village compte 317 habitants (chiffre 2023) et son maire, Christophe Parent, est en poste depuis 2014.
Ce que l’automobiliste trouve sur place
Les bornes du centre-bourg fonctionnent sans abonnement, sans application et sans carte spécifique. Pas de compte à créer, pas de badge à commander : le service est pensé pour supprimer ces étapes.
Les sources consultées ne disent rien des points qui comptent pour planifier un arrêt : nombre de bornes, puissance, durée de charge autorisée, horaires, emplacement exact. Elles ne précisent pas non plus si un conducteur de passage, non résident, peut en profiter au même titre que les habitants. Avant de vous y arrêter, appelez la mairie. Compter sur ces bornes pour compléter un trajet sans l’avoir confirmé, c’est prendre le risque de les trouver indisponibles ou soumises à des règles que personne n’a publiées.
Du soleil pour 40 % des bornes, du réseau pour le reste
La commune a opté en 2021 pour l’autoconsommation photovoltaïque, avec des panneaux posés sur la mairie, la Poste, la salle des fêtes et l’ancienne école. L’électricité produite alimente environ 40 % des bornes, un pourcentage donné comme approximatif et sans période de référence. Le complément vient du réseau, payé par la commune. Par faible ensoleillement, en hiver notamment, la part achetée au réseau grimpe, et avec elle la facture communale.
Sur la taille de l’installation, les sources ne concordent pas. Actu Roubaix et Echo FM parlent de 19 installations photovoltaïques ; Roole Media et La Gazette France, d’environ 120 panneaux. Les deux chiffres ne mesurent peut-être pas la même chose, et rien ne permet de les rapprocher ni de trancher. Seule la mairie peut dire ce qui est réellement installé.
Pour un automobiliste, c’est un rappel utile : le « gratuit grâce au soleil » est une simplification. Recharger ici revient à consommer en bonne partie du courant du réseau, comme ailleurs, à ceci près que quelqu’un d’autre règle la note. La question de la facture d’un véhicule électrique au quotidien se pose d’ailleurs différemment pour un acheteur qui compare, comme le détaille l’analyse sur l’électrique au prix de l’hybride annoncé par Renault pour 2030.
Qui paie la gratuité, et ce que la commune en retire
Les bornes ont coûté 120 000 €, dont 80 % pris en charge par l’État, soit 96 000 € (120 000 € × 0,80) ; il reste donc 24 000 € à la charge de la commune, si l’on s’en tient à ces chiffres. Ce montant provient d’une source unique et doit être pris avec précaution. S’y ajoute l’électricité complémentaire achetée au réseau, dont le coût exact n’est pas documenté.
La commune affirme de son côté avoir réduit sa facture d’électricité d’environ 3 000 € par an. C’est une estimation déclarée, sans période de référence ni détail de calcul : on ne peut pas la lire comme un bilan établi. Une communauté énergétique locale a aussi été créée, mais les sources n’en livrent aucun détail exploitable.
Pour une autre commune, trois paramètres pèsent sur la reproduction du modèle :
- l’aide de l’État à 80 % sur les bornes, sans laquelle l’investissement change d’échelle ;
- la très petite taille du village (317 habitants), alors que la fréquentation des bornes n’est pas documentée : rien ne prouve que la gratuité resterait soutenable avec davantage d’usagers ;
- l’appoint réseau, à financer chaque année et plus lourd en hiver.
Le contexte du marché compte aussi : à mesure que le parc roule davantage en électrique, comme le montrent les modèles électriques les plus vendus en Europe, la pression sur des bornes gratuites ne peut que croître. Pour l’automobiliste, ce qui est acquis, c’est la gratuité sans abonnement ; le lieu précis et les règles d’usage sont à confirmer en mairie. Pour l’élu, la question à poser à son propre budget est celle de la subvention disponible et de la facture réseau qu’il acceptera de porter.