Le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique a publié le 10 juillet 2026 le bilan du parc automobile au 1er janvier 2026 : la France compte 40,0 millions de voitures en circulation, soit +0,4 % sur un an. Le parc reste très majoritairement thermique (86,1 %), l’électrique pèse 3,5 %. Les véhicules les plus anciens se concentrent dans des départements ruraux du centre, les plus récents à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Haute-Savoie. Ces écarts disent surtout l’âge des voitures et le profil de leurs propriétaires, pas un refus de l’électrique. Les données ont donc plusieurs mois d’âge au moment où elles sont relayées, un point à garder en tête pour toute comparaison avec l’actualité récente du marché.
Ce que dit le bilan du parc au 1er janvier 2026
Sur 40,0 millions de voitures, 86,1 % roulent à l’essence ou au diesel. Le diesel tombe à 46,1 % du parc et passe pour la première fois sous la barre des 50 %. L’essence le devance légèrement, à 46,9 %.
Côté électrification, l’électrique pur représente 3,5 % des voitures et l’hybride rechargeable 2,0 %, soit 5,5 % à eux deux. L’hybride non rechargeable progresse aussi, à 7,4 % du parc.
Des ventes neuves déjà électriques, un parc qui change à peine
Le décalage entre les immatriculations et le stock est l’élément à comprendre avant de lire le reste. En 2025, le diesel ne représentait plus que 4,8 % des voitures neuves immatriculées, et l’électrique 19,9 %. Pourtant, au 1er janvier 2026, près d’une voiture sur deux en circulation (46,1 %) est un diesel.
Le parc ne se renouvelle qu’au rythme où les voitures existantes sont remplacées. Son âge moyen atteint 11,8 ans et continue de croître : une grande partie des véhicules en circulation a été achetée à une époque où le diesel dominait les ventes. Une année de ventes neuves très électriques ne déplace donc que marginalement la composition de l’ensemble. Confondre le flux des immatriculations et le stock des voitures roulantes conduit à conclure à tort que l’électrique « ne décolle pas ». Les mêmes mécanismes se retrouvent d’ailleurs sur le marché de l’occasion, où la demande d’électriques d’occasion s’est tendue avec la hausse du gazole : le parc bouge, mais par à-coups et avec retard.
Du centre rural à Paris : la carte du parc selon les départements
Le SDES mesure l’ancienneté du parc par les vignettes Crit’Air. La Creuse, l’Indre et l’Ariège dépassent 36 % de véhicules Crit’Air 3 et plus, c’est-à-dire parmi les plus anciens. À l’inverse, Paris, les Hauts-de-Seine et la Haute-Savoie affichent une proportion plus élevée de véhicules Crit’Air 0, 1 ou 2, les plus récents et les moins émetteurs. Les données fournies ne donnent pas de pourcentage pour ces trois derniers départements, ni de classement complet : seuls ces extrêmes sont documentés.
À l’échelle régionale, l’Île-de-France, les Hauts-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent les taux d’équipement en électrique les plus élevés. La Bourgogne-Franche-Comté, certains territoires de montagne et la Corse restent en retrait.
La Haute-Savoie rappelle qu’il serait faux de ramener le clivage à une opposition entre villes et campagnes : c’est un département de montagne, et il figure pourtant parmi les mieux placés pour les véhicules récents. Il ne faut donc pas généraliser à tous les territoires de montagne, dont certains sont justement en retrait sur l’électrique.
Peut-on parler de territoires qui boudent l’électrique ?
Le terme est commode pour un titre, mais les chiffres ne l’autorisent pas. La part de véhicules Crit’Air 3 et plus dans un département reflète l’âge des voitures qui y roulent, indépendamment de ce que les habitants achètent aujourd’hui. Un département où le parc est ancien peut très bien compter des acheteurs de voitures neuves électriques : leur nombre est trop faible, à l’échelle du stock, pour modifier vite la statistique.
Le profil des propriétaires pèse aussi lourd. Environ 12 % des voitures des professionnels sont électriques, contre 2,8 % de celles des particuliers. Un territoire qui compte davantage de flottes d’entreprise ou de véhicules professionnels aura mécaniquement un parc plus électrique qu’un territoire où dominent les particuliers, sans que cela dise quoi que ce soit des préférences individuelles.
Les données publiées ne permettent pas d’attribuer l’écart entre territoires aux revenus, à l’offre de bornes de recharge ou au prix des véhicules : ces explications restent des hypothèses, pas des faits démontrés par le bilan du SDES. Le sujet des contraintes d’usage est documenté ailleurs, notamment dans le retour d’expérience sur les irritants du quotidien que vivent les conducteurs d’électriques, mais il ne se déduit pas de la carte du parc. Pour situer son propre département, la lecture utile reste celle de l’âge du parc et du type de propriétaires, plutôt que celle d’une prétendue réticence locale.