Le dimanche 13 septembre 2026, à hauteur de Vignoles, en Côte-d’Or, un forain de 59 ans au volant d’un fourgon Mercedes tractant une petite remorque a quitté son véhicule en pleine autoroute pour aller lire les panneaux de direction à la bifurcation A6/A31. Il a été violemment percuté. Les faits ont été rapportés par La Dépêche et Midi Libre dans leurs éditions du 27 septembre 2026, deux semaines après l’incident.
La décision qui a tout basculé
À l’approche de l’échangeur A6/A31, l’homme craint de s’engager sur la mauvaise voie. Conduire un fourgon avec remorque sur ce type d’itinéraire impose une contrainte que les conducteurs de voitures de tourisme ne ressentent pas de la même façon : les possibilités de faire demi-tour sont quasiment nulles, les voies de délestage inexistantes, et une mauvaise sortie peut signifier des kilomètres de détour avec un attelage encombrant. Ce stress de la bifurcation est réel – et c’est précisément ce qui peut pousser à une décision fatale.
Il stoppe son véhicule et descend à pied sur la chaussée pour aller vérifier les panneaux installés plus loin. C’est là qu’il est percuté de plein fouet.
La logique est reconnaissable : face à l’incertitude, le cerveau cherche à reprendre le contrôle. S’arrêter, vérifier, puis repartir en étant sûr. Cette séquence paraît raisonnable dans presque tous les contextes – sauf celui-ci.
Pourquoi l’autoroute ne tolère aucun piéton sur la chaussée
Marcher sur la chaussée autoroutière est strictement interdit par le Code de la route. Ce n’est pas une nuance juridique : c’est une interdiction absolue, quelle que soit la raison qui a poussé à sortir du véhicule. Sur une voie rapide ou une nationale, le danger existe déjà. Sur autoroute, il est d’une autre nature : les vitesses pratiquées y sont maximales, les distances de freinage correspondantes, et un piéton sur la chaussée est une cible que rien dans la géométrie du trafic n’est prévu pour éviter.
Les zones d’échangeur aggravent encore le danger. Les trajectoires y convergent, les changements de file sont fréquents, l’attention des conducteurs se concentre sur la signalisation – pas sur la détection d’un homme debout sur la chaussée. Un piéton y est invisible jusqu’au moment où il est trop tard.
La même logique s’applique à une erreur de direction prise sous stress : la tentation de corriger immédiatement, sur place, peut conduire à une décision bien plus dangereuse que l’erreur initiale.
Ce qu’on fait à la place
La règle est simple à formuler, difficile à appliquer sous pression : on reste dans son véhicule, coûte que coûte. Même si la mauvaise direction est prise. Même si le détour sera long. Même si l’itinéraire semble compromis.
- Continuer jusqu’à la prochaine sortie ou aire d’arrêt, s’y garer, puis consulter carte ou GPS à l’arrêt, en sécurité.
- Utiliser le GPS en cours de route pour anticiper les bifurcations à l’avance – un fourgon avec remorque a besoin de plus de préparation qu’une berline.
- Appeler le 107.7, la radio d’information autoroutière, accessible depuis n’importe quel point du réseau : trafic, itinéraires, informations pratiques en temps réel.
- En cas de panne immobilisant le véhicule – et uniquement dans ce cas – la logique est différente : sortir côté rail de sécurité, longer la glissière en s’éloignant du véhicule, et ne jamais rester sur la chaussée ni retourner vers le trafic.
Si vous êtes désorienté sur autoroute
- On ne s’arrête jamais sur la chaussée ni sur l’accotement non balisé
- On ne sort jamais du véhicule pour lire un panneau
- On prend la prochaine sortie, même si ce n’est pas la bonne
- La bande d’arrêt d’urgence est réservée aux pannes et urgences avérées – pas aux doutes d’orientation
Cet accident rappelle aussi que les conséquences d’une mauvaise décision au volant dépassent souvent largement ce qu’on anticipait dans l’instant. Prendre la mauvaise sortie sur l’A6 coûte du temps. Sortir de son véhicule sur la chaussée peut coûter la vie.
Quelle que soit la pression – itinéraire raté, bifurcation manquée, panique – on reste dans son véhicule. C’est la seule décision correcte.