En septembre 2026, Leapmotor a enregistré 1 195 immatriculations en France, son meilleur résultat mensuel depuis son lancement sur le marché français. Sur les neuf premiers mois de l’année, la marque totalise 5 902 unités, avec une progression de +161 % – la plus forte croissance parmi les marques chinoises présentes en France, toutes énergies confondues. L’électrique pèse 93 % de ce volume, selon les données issues du communiqué officiel Stellantis/Leapmotor publié début octobre 2026 et confirmé par Auto-Infos, AM-Today et Journal Auto.
Une tendance annuelle, pas un accident de calendrier
Le score de septembre est frappant, mais il ne sort pas du vide. Avec 5 902 unités depuis janvier, Leapmotor affiche une montée régulière sur neuf mois, pas un sursaut de dernière minute. Le rythme mensuel moyen depuis le début de l’année se calcule simplement : 5 902 unités ÷ 9 mois = environ 656 immatriculations par mois en moyenne. Septembre dépasse donc nettement cette moyenne, ce qui invite à la nuance.
Comme pour beaucoup de marques, les fins de trimestre concentrent souvent des enregistrements différés par les réseaux. Septembre clôt le troisième trimestre : une partie du volume peut refléter cet effet de rattrapage. La vraie lecture de la tendance viendra des mois d’octobre et novembre – si le rythme se tasse fortement, le record de septembre devra être nuancé. Si le plancher reste au-dessus de la moyenne des mois précédents, la progression sera confirmée comme structurelle.
Ce qui explique cette accélération
Le levier le plus concret derrière ces chiffres est la distribution. Leapmotor est commercialisée en Europe dans le cadre d’un partenariat avec Stellantis, qui mobilise son réseau existant de concessions pour référencer et vendre les modèles de la marque. Accéder à un réseau de distribution établi, avec des points de vente déjà actifs et des équipes formées, change radicalement la capacité à écouler des volumes – c’est précisément ce qui différencie Leapmotor d’une marque chinoise qui devrait construire son réseau de zéro. La gamme proposée en France s’appuie sur des modèles à carrosserie compacte et crossover, positionnés sur le segment électrique accessible.
Le profil quasi-exclusivement électrique de la marque (93 % du mix, périmètre mensuel ou cumulatif non précisé dans les sources) rend cependant Leapmotor très sensible aux dispositifs d’aide à l’achat. En France, le bonus écologique et le leasing social conditionnent directement la compétitivité tarifaire des véhicules électriques d’entrée et de milieu de gamme. Toute modification de ces mécanismes – montant, conditions d’éligibilité, revenus plafonds – agit directement sur la demande pour des modèles comme ceux de Leapmotor, plus que pour une marque au mix hybride ou thermique équilibré.
Trois points pour décider si Leapmotor vaut d’être suivie
Trois paramètres permettent de trancher :
- L’évolution des aides à l’achat : à 93 % d’électrique, Leapmotor est directement exposée à tout changement du bonus écologique ou du leasing social en France.
- La solidité du réseau Stellantis : la croissance de la marque est adossée à la capacité de ce réseau à maintenir son engagement commercial dans la durée.
- Les chiffres d’octobre et novembre : ils diront si septembre est un palier ou un pic conjoncturel de fin de trimestre.
Si vous évaluez un achat de véhicule électrique à court terme, ces trois variables sont plus utiles que le seul chiffre de septembre pour mesurer la pérennité de la marque sur le marché français.