Pas besoin d’aller au Vermont : 4 road trips québécois à faire cet automne

Pas besoin d’aller au Vermont : 4 road trips québécois à faire cet automne

Lors d’une audition sénatoriale fin septembre 2026, le sénateur démocrate du Vermont Peter Welch a mis des chiffres sur ce que beaucoup pressentaient déjà : les visites de Canadiens dans son État ont chuté de près de 40 % cet automne. Le Vermont reçoit normalement environ 750 000 visiteurs canadiens par an, qui y dépensent plus de 150 millions de dollars. Ces chiffres, cités par Salut Bonjour le 29 septembre 2026, émanent d’un élu dans un contexte politique — aucune source statistique indépendante ne les confirme pour l’instant — mais ils reflètent une réalité concrète : les tarifs douaniers et la rhétorique de l’administration Trump ont suffi à convaincre une portion significative de Québécois de ne pas prendre la 91 Sud cet automne.

Ce qu’ils allaient chercher là-bas est bien connu : des routes de campagne qui serpentent entre des érables en feu, des villages en bois peint, des panoramas dégagés sur des collines. Tout ça existe au Québec. Les quatre itinéraires ci-dessous ont été retenus précisément pour correspondre à ces attentes — pas comme consolation, mais comme destinations à part entière.

Ce que le Vermont offrait — et où l’équivalent se trouve ici

Le Vermont attire pour trois raisons automobiles précises : des routes secondaires étroites et sinueuses qui rendent la conduite active, des villages à arrêts spontanés, et des lignes de crête qui donnent de la profondeur aux paysages. Le Québec offre ces trois variables, souvent combinées, sur des territoires moins fréquentés. La différence pratique la plus immédiate : aucun poste frontalier, aucun risque de file d’attente au retour, et un réseau de routes numérotées en français.

Les 4 itinéraires : choisir selon ce qu’on cherche

1. La route des Cantons-de-l’Est (autoroute 10, puis routes secondaires)

C’est l’itinéraire le plus logique pour un conducteur de Montréal qui prenait habituellement la 10 Est vers Magog avant de bifurquer vers la frontière. Cette fois, on reste au Québec. Le secteur autour de Sutton, Lac-Brome et Knowlton offre exactement la géographie qui fait le Vermont : routes sinueuses en forêt mixte, érablières denses, villages anglophones aux maisons de bois peint. La route 139 entre Sutton et Cowansville, ou la 243 vers Potton, impose un rythme lent et actif — virages serrés, visibilité courte, montées et descentes rapides qui testent le freinage moteur.

Point fort automobile : routes secondaires sinueuses, peu de camionnage, surface généralement bonne. La durée de conduite active dépend du point de départ montréalais et du nombre d’arrêts ; comptez une journée complète pour une boucle depuis Montréal sans précipitation.

Fenêtre optimale : début octobre pour les hauteurs (Sutton, Orford) ; la couleur descend vers les basses terres jusqu’à la mi-octobre. Les couleurs progressent du nord vers le sud et de l’altitude vers la plaine — vérifiez les rapports de feuillage publiés chaque semaine par Tourisme Cantons-de-l’Est avant de partir.

Type de véhicule : les routes secondaires de gravier autour de Potton et Eastman peuvent poser problème à des voitures très basses. Un véhicule à garde au sol standard passe sans difficulté.

2. Charlevoix : la route du fleuve et des contreforts

Pour le conducteur qui cherche un panorama de montagne côtoyant l’eau, Charlevoix est la réponse la plus directe. La route 138 entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie longe le fleuve Saint-Laurent avec des dégagements visuels sur l’estuaire, entrecoupés de montées vers l’intérieur où le relief rappelle les Green Mountains. La route 362, alternative à la 138 entre Baie-Saint-Paul et Les Éboulements, est la section à ne pas court-circuiter : étroite, avec des pentes prononcées et des virages en épingle qui exigent une attention soutenue et offrent des vues directes sur le fleuve.

Point fort automobile : la 362 est l’une des rares routes québécoises où le relief impose un engagement réel au conducteur — descentes longues, freinage dosé, rapport de boîte choisi plutôt que subi. Les conducteurs de boîte manuelle auront l’avantage.

Fenêtre optimale : Charlevoix est plus nordique que les Cantons-de-l’Est ; les couleurs culminent généralement plus tôt en saison. Partez tôt octobre pour les sommets, mi-octobre pour les villages du bord du fleuve.

Note pour moto et décapotable : le bord du fleuve amplifie le vent et l’humidité. Dès la deuxième quinzaine d’octobre, les températures matinales sur la 362 peuvent rendre la conduite inconfortable en moto ou en cabriolet.

3. La Mauricie : forêt profonde et lacs

Ceux qui cherchent la densité forestière plutôt que les villages trouveront leur réponse en Mauricie. Le parc national de la Mauricie, accessible par la route 55 depuis Trois-Rivières ou par la 155 depuis Grand-Mère, offre une route intérieure qui traverse une forêt boréale mixte sans interruption commerciale. L’ambiance est différente du Vermont — moins de villages pittoresques, plus de sauvagerie — mais la qualité du feuillage dans une forêt peu perturbée est difficilement surpassée.

Point fort automobile : la route intérieure du parc est asphaltée et fluide, peu de circulation en semaine. L’intérêt n’est pas la sinuosité mais la succession de points de vue sur les lacs depuis la voiture, sans avoir à sortir de l’habitacle si on ne le souhaite pas.

Fenêtre optimale : début à mi-octobre. Vérifiez les horaires d’ouverture de la route intérieure du parc auprès de Parcs Canada avant de planifier — certaines sections ont des heures d’accès limitées en dehors de la saison estivale.

Point de départ : logiquement depuis Trois-Rivières ou Québec. Depuis Montréal, le trajet d’approche allonge la journée ; un départ la veille avec nuit à Trois-Rivières est plus confortable.

4. La Gaspésie : l’itinéraire pour qui veut un vrai road trip

Si les trois premiers itinéraires se font en week-end, la Gaspésie demande plus de temps — au minimum trois jours depuis Québec, davantage depuis Montréal. La route 132 fait le tour de la péninsule en longeant le Saint-Laurent et la baie des Chaleurs, avec des vues dégagées sur le fleuve d’un côté et les Chic-Chocs de l’autre. L’intérieur, par la route 299 vers le parc de la Gaspésie, monte dans des conditions alpines qui produisent des couleurs d’automne spectaculaires et précoces.

Point fort automobile : la 299 est la section la plus engagée mécaniquement — montée longue, plateau exposé, descente technique vers New Richmond. La 132 côté nord offre des lignes droites rapides alternant avec des sections de bord de falaise. C’est le seul itinéraire des quatre où l’ensemble du trajet, et pas seulement quelques sections, justifie à lui seul le déplacement.

Fenêtre optimale : les Chic-Chocs au-dessus de 1 000 mètres d’altitude changent de couleur tôt — visez la première ou deuxième semaine d’octobre pour les hauteurs. La côte reste intéressante jusqu’à la mi-octobre.

Fin de saison : après mi-novembre, plusieurs attraits et hébergements de la péninsule ferment. La fenêtre utile est plus courte qu’ailleurs.

Avant de prendre la route

Les routes de campagne québécoises en octobre accumulent les feuilles mouillées sur la chaussée, ce qui réduit l’adhérence de façon notable — particulièrement en virage ou au freinage. Les pneus d’été restent légalement acceptables en dehors des périodes d’obligation hivernale, mais leur performance chute significativement sous 7 °C. Sur les routes en altitude de Charlevoix ou des Chic-Chocs, cette température peut être atteinte dès les matinées de début octobre.

  • Vérifiez la pression des pneus avant le départ (les variations de température modifient la pression)
  • Assurez-vous que les essuie-glaces sont en bon état — le brouillard matinal est fréquent sur les routes de crête
  • Plein de carburant fait avant les sections isolées (Mauricie intérieure, 299 gaspésienne)
  • Chargeur de téléphone en voiture — la couverture cellulaire est intermittente en forêt et en montagne
  • Veste chaude accessible dans l’habitacle, même par beau temps en début de journée

Si vous partez la première quinzaine d’octobre et que votre point de départ est Montréal ou la Rive-Sud, les Cantons-de-l’Est ou Charlevoix sont les choix les plus directs. Si vous partez fin septembre et êtes basé à Québec ou en Mauricie, le parc de la Mauricie ou une boucle vers Charlevoix s’imposent naturellement. La Gaspésie, elle, récompense ceux qui peuvent bloquer au moins un long week-end de trois nuits — aucun autre itinéraire ne lui ressemble.

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Jules Montclair décrypte l’automobile pour aider les conducteurs à comprendre les modèles, les technologies et leurs usages au quotidien. Formé à la géographie puis au journalisme, il suit particulièrement l’électrification, les aides à la conduite et les questions liées au choix d’une voiture. Il garde un faible pour les petites citadines ingénieuses et les modèles des années 1990 et 2000.