Une 125 commercialisée dix ans, identique en sortie d’usine du premier au dernier exemplaire, et dont certains propriétaires revendiquent 130 000 km au compteur.
La Yamaha TW 125 n’est pas une moto ordinaire dans la catégorie des petites cylindrées. Mais la fiabilité légendaire qu’on lui prête tient-elle vraiment à l’épreuve des kilomètres?
Fiche technique et histoire d’une 125 pas comme les autres
La TW 125 est produite de janvier 1995 à septembre 2005, soit une décennie sans refonte majeure. Yamaha s’appuie sur un monocylindre 4 temps de 124 cm³ refroidi par air, issu de la SR 125, mais modernisé avec une culasse à 4 soupapes.
Une évolution technique qui améliore le remplissage et la longévité par rapport à la version 2 soupapes de la SR. Si vous vous posez la question du choix entre motorisation 4 temps et 2 temps, cette architecture explique en grande partie pourquoi la TW tient aussi bien dans le temps.
Les chiffres : 12 ch (8,8 kW) à 9 000 tr/min, un couple de 9,4 Nm à 8 000 tr/min, boîte 5 rapports. Le tout pour un poids à vide de 118 kg et un réservoir de 7 litres seulement. Prix neuf en 2003 : 3 209 € TTC, selon L’Argus.
En 2002, Yamaha retouche légèrement la présentation : nouveau phare rond chromé et pneus au profil revu pour améliorer l’adhérence. Ces ballons surdimensionnés – signature visuelle du modèle – sont à la fois un atout en tout-terrain et une source de coûts élevés à l’entretien.
Quels sont les problèmes connus de la Yamaha TW 125?

Le point de faiblesse le plus documenté reste les pipes caoutchouc du carburateur. Avec les années, ces pièces durcissent, se craquèlent et laissent entrer de l’air parasite.
Résultat : ralenti instable, départ froid difficile, consommation erratique. Sur un exemplaire de plus de quinze ans, ce remplacement préventif est presque systématique.
Le moteur vibre fortement à partir de 90 km/h, selon les retours de Motomag. La vitesse de pointe plafonne autour de 100 km/h, et y rester longtemps use prématurément les composants internes. Ce n’est pas un défaut de conception – c’est simplement la limite physique d’un monocylindre de 124 cm³ non équilibré dynamiquement.
Autres angles morts à surveiller :
- L’autonomie réelle tourne autour de 100 km avant la réserve – avec 7 litres de capacité, les arrêts fréquents sont inévitables
- Aucun compte-tours, pas de voyant de niveau d’huile ni d’essence – vous roulez sans filet
- Absence de béquille centrale, ce qui complique les vidanges et certaines opérations d’entretien
- La fourche peut souffrir sur les freinages appuyés : le gros pneu avant absorbe l’énergie différemment d’un pneu standard, et les tubes de fourche encaissent plus
- Risque de corrosion sur les parties métalliques si la moto est stockée en milieu humide
Yamaha préconise un intervalle d’entretien de 12 000 km, mais les mécaniciens spécialisés recommandent de contrôler la carburation et la distribution tous les 8 000 km maximum. Sur un moteur atmosphérique sans système de gestion électronique, mieux vaut anticiper que réparer.
Avis et retours d’utilisateurs sur la Yamaha TW 125
Le cas qui revient régulièrement sur les forums moto est celui d’une TW 125 affichant environ 130 000 km avec, comme interventions majeures, uniquement le remplacement du piston, des pneus et de la chaîne de distribution.
Ce chiffre, partagé sur le forum MX2K, est exceptionnel – mais il illustre le potentiel réel du bloc si l’entretien courant est suivi.
La consommation tourne autour de 3 L/100 km. Sur ce point, les propriétaires sont unanimes : le moteur est économique. Les pneus, eux, sont une autre histoire – les ballons surdimensionnés ont un coût unitaire élevé et s’usent différemment selon l’usage (bitume vs chemins).
Les critiques récurrentes portent sur les finitions : peinture qui s’écaille, plastiques qui jaunissent, vis qui rouillent. Sur une moto de 2000 ou 2001, vous trouverez rarement un exemplaire impeccable côté carrosserie. Le Repaire des Motards résume bien la situation : le moteur est qualifié d' »increvable », mais la robe vieillit mal.
Sur route, la vitesse de croisière recommandée par les utilisateurs se situe entre 70 et 80 km/h. Dépasser régulièrement les 90 km/h expose aux vibrations et fatigue inutilement le vilebrequin. Quelques propriétaires le formulent clairement : cette moto n’est pas faite pour l’autoroute, elle est faite pour durer.
Quelle est la durée de vie réelle d’une Yamaha TW 125?

Une 125 à 20 000 km n’est généralement qu’au tiers de sa vie potentielle, selon Motoguide. Pour un monocylindre 4 temps japonais bien entretenu, dépasser les 50 000 km est courant, et les 100 000 km restent accessibles sur les modèles les mieux soignés.
La TW 125, grâce à son architecture simple et éprouvée héritée de la SR, fait partie des blocs qui atteignent ces kilométrages sans reconstruction complète.
Comparée à une 125 deux temps de la même époque, la différence est nette : pas de joints de cloche d’embrayage à surveiller, pas de port de transfert à carburer, une mécanique de distribution plus robuste.
Le fonctionnement de l’embrayage sur ce type de bloc humide est lui aussi réputé solide tant que l’huile est changée régulièrement.
Le facteur limitant n’est pas le moteur – c’est souvent le reste : cadre rouillé, fourche usée, carburateur encrassé par des années de mauvais carburant.
Un moteur à 80 000 km sur une TW peut encore partir du premier coup. Le châssis ou les organes périphériques, eux, racontent une autre histoire.
La TW 125 reste une valeur sûre à condition d’entretenir sa mécanique
Pour tirer le meilleur de cette moto à l’achat ou au quotidien, voici les opérations prioritaires à cadencer :
| Opération | Fréquence recommandée |
|---|---|
| Vidange huile moteur | Tous les 3 000 à 4 000 km |
| Contrôle et réglage soupapes | Tous les 8 000 km |
| Remplacement pipes caoutchouc carburateur | Dès les premiers signes de durcissement |
| Contrôle chaîne de distribution | Tous les 15 000 à 20 000 km |
| Traitement anticorrosion parties métalliques | Chaque hiver |
| Vérification fourche (jeu, fuites) | Tous les ans |
À l’achat d’occasion, trois points de contrôle concentrent 80 % des risques : l’état des pipes carburateur, le jeu aux soupapes (un bruit de claquement à froid est un signal clair), et la corrosion sur le cadre et les platines de repose-pieds.
Si vous achetez une TW affichant 40 000 km avec un carnet d’entretien régulier, vous avez probablement devant vous une moto capable de faire encore autant – voire plus. C’est le genre de machine qui récompense ceux qui lui consacrent une heure de garage tous les quelques mois.
Si vous cherchez un achat de moto d’occasion dans de bonnes conditions, ce profil de moto est précisément celui pour lequel un historique d’entretien documenté fait toute la différence.
Une TW 125 bien tenue, c’est une mécanique qui traverse les décennies – mais une TW 125 négligée, c’est juste une vieille moto rouillée avec un carburateur qui tousse.